Ministère de l'Economie
et des Finances (MEF)
République d'Haïti
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MEF / Le pari pour la modernité et la croissance

Projet de loi de finances 2018-2019

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Discours d'installation du Ministre Michel Patrick Boisvert

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Vision Stratégique 2017-2022 du Ministère de l'Economie et des Finances

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Taux d'inflation
Juillet 2018 - Juillet 2019
Mois Glissement annuel Variation mensuelle
Juillet 2019 19.1% 1.6%
Juin 2019 18.6% 1.8%
Mai 2019 18% 1.4%
Avril 2019 17.7% 1.7%
Mars 2019 16.8% 0.7%
Février 2019 17.0% 1.7%
Janvier 2019 15.5% 1.6%
Décembre 2018 15.4% 1.5%
Novembre 2018 14.5% 1.4%
Octobre 2018 14.3% 1.5%
Septembre 2018 14.6% 1.5%
Août 2018 14.1% 1.4%
Juillet 2018 13.6% 1.5%
Référence IHSI

Discours d'investiture du ministre de l'Économie et des Finances, Wilson Laleau, Mardi 20 janvier 2015

…Par une de ces curieuses coïncidences dont l’histoire a seule le secret, me voici devant vous encore une fois pour prendre le maillet à la tête d’un Ministère que j’ai dû quitter il y a tout juste neuf mois. La chose est d’autant plus curieuse que cela se passe entre deux Ministres, en l’occurrence Madame Jean-Marie et moi-même qui nous nous sommes partagé la direction de ce Ministère quatre fois au cours des trois dernières années. Et dire qu’au début du mandat présidentiel, j’ai refusé le poste du Ministre de l’Économie et des Finances. 

En effet, habité par l’esprit du changement nécessaire qu’incarne l’arrivée du Président Martelly au pouvoir,  l’équipe de transition militait avec énergie pour une transformation radicale de l’appareil administratif qui devrait être annoncée dès la composition du premier gouvernement. En particulier, la création d’un Ministère du Développement Economique a représenté pour nous un enjeu extrêmement important.

Ce Ministère regrouperait les grandes fonctions stratégiques du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, du Ministère de l’Économie et des Finances et du Commerce et de l’Industrie pour faire un grand Ministère responsable de la stratégie économique du pays et pour confier les fonctions financières et de mobilisation de ressources à une autre structure comme c’est le cas de la plupart des pays qui émergent aujourd’hui.

Depuis les travaux de la CNRA (1997-2001), nous avions acquis la conviction que les fonctions de gestion comptables et, dans une moindre mesure, financières l’emportaient sur toutes celles qui devraient aider à structurer le cadre de vie général de la population et à assurer la pertinence et la légitimité des politiques publiques dans la vie des citoyens. Les procédures et la tradition ont eu raison de ces ambitions. Et le destin en a décidé autrement.

C’est donc avec humilité et un grand sentiment du devoir que je reviens au Ministère pour continuer un travail entamé par moi-même ainsi que par ma prédécesseure.  Je sais que le Grand Dieu de l’Univers m’accompagne, me couvre de Sa sagesse pour que, par les décisions que j’aurai à prendre, j’aide à accomplir son œuvre dans la vie de son peuple.

Je remercie particulièrement mes parents qui sont toujours là pour moi et qui me rappellent que je dois avancer surtout quand tout semble aller mal. Je veux aussi remercier ma femme et mes enfants pour leur compréhension et leur présence dans ma vie et pour me porter à toujours donner le meilleur de moi-même en toutes circonstances.

Je veux ici, et de manière solennelle, dire un grand merci au Président de la République pour m’avoir fait confiance depuis le début, pour m’avoir supporté dans des moments particulièrement difficiles. Je ne suis pas peu fier d’appartenir à son équipe, moi qui expérimente au quotidien son engagement pour Haïti, sa fidélité à cette patrie. Je m’engage à continuer à l’aider dans chacune de mes décisions et à rendre réelle et concrète dans la vie des citoyens cette volonté du changement qui l’habite.

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi de remercier aussi, de façon spéciale, Monsieur le Premier Ministre Evans Paul d’avoir fait choix de moi pour intégrer son équipe de gouvernement. C’est un homme politique avisé dont le parcours commande le plus grand respect. Je lui promets loyauté et engagement à mettre toutes mes compétences au service de la réalisation de son programme de gouvernement et de la feuille de route tracée pour le Ministère de l’Économie et des Finances.

Mesdames, Messieurs

Cadres du Ministère,

Distingués invités,

Pour me répéter, je reviens au MEF, neuf mois après en être parti pour remplacer la Ministre qui m’a succédé, après que j’ai eu moi-même à lui succéder.  Les philosophes appellent cela «des coïncidences signifiantes ».  Au-delà des personnalités et des compétences intrinsèques des ministres, cet état de fait est symptomatique d’un pays qui se cherche, d’un pays en mal de gouvernance, d’une société tourmentée qui se cherche une voie pour l’équilibre et le progrès social.

En citoyen d’une démocratie en construction et pour laquelle tant de vies sont sacrifiées, nous devons nous sentir coresponsables de la construction de cet avenir qu’il nous revient d’arracher aux fatalités des procédures et du renoncement. L’engagement politique n’a aucun sens, sinon. Cela veut dire que nous ne pouvons impunément déléguer aux autres et au hasard le fardeau du sacrifice et du courage pour relever les défis de notre temps, à notre place. Parce qu’il est clair que, en matière de développement économique et de progrès social et humain, notre histoire récente nous l’a prouvé, tout l’argent du monde, toute la technologie accumulée, tous les biens ne valent rien quand la détermination fait défaut, quand manque aussi la capacité de se mobiliser autour d’un projet de société, c’est-à-dire : politique, scientifique, industriel, éducatif, etc.

Partout autour de nous à travers la planète, ce sont des évènements exceptionnels parfois douloureux, parfois plus désirables, qui ont réussi à remobiliser les populations autour des projets transformateurs déterminants. Un évènement ? Un choc ? Des grandes calamités ? Le pays en a connus. A profusion même. Certains sont des faits de nature : tremblement de terre, inondations ; d’autres le plus souvent sont des faits de société : inondations, coups d’Etats, opération Bagdad, déchouquage, émeutes de la faim, épidémies, etc. Si au cours des dix dernières années le taux de pauvreté a reculé de 10 points de pourcentage, notre pays conserve néanmoins le record de l’Amérique latine et des Caraïbes en matière de pauvreté et d’inégalité. Pendant que nous reconnaissons que plus de 80% des personnes se trouvant en situation d’extrême pauvreté résident dans les zones rurales, nous n’assumons pas les réformes commerciales, fiscales, monétaires, foncières qui nous permettraient d’en venir à bout. Le bilan du Parlement au cours des vingt dernières années est à ce titre révélateur.

Les sorties nettes de capitaux du système bancaire (c’est-à-dire la différence entre les capitaux qui sortent et ceux qui rentrent) augmentent tandis que le pays est à la recherche de capitaux pour financer l’investissement.

Les déséquilibres structurels de l’économie se sont approfondis malgré plus de trente ans de programmes de stabilisation et d’ajustement structurel non tout à fait assumés, non tout à fait mis en œuvre. Les niveaux de croissance réalisés restent largement en dessous de ceux auxquels le pays devrait normalement avoir droit.   

L’étroitesse, la précarité et la quasi inexistence de la classe moyenne, telle que définie dans le dernier rapport de l’ONPES qui établit que seulement 2 % de la population est en mesure de consommer l’équivalent d’au moins 10$/jour, la rendent incapable d’impulser la transformation de la société. Cette situation confine l’ensemble de la population dans la recherche de rente et le sauve-qui-peut permanent. C’est peut-être le facteur explicatif le plus déterminant de l’instabilité structurelle du pays. Il n’y a aucune manière de régler durablement le problème de l’instabilité dans ce pays sans une politique publique volontariste permettant de traiter en profondeur la question de la pauvreté et d’élargir la base de la classe moyenne.

Nous devons cesser de continuer à faire de la politique comme si ces évènements-là n’avaient pas existé, en amnésiques inconscients de notre réalité…..Que d’occasions perdues ! Que de rendez-vous manqués ! Que d’opportunités gaspillées ! En matière de gestion de l’économie, le pays s’est laissé prendre au piège d’un aveuglement volontaire, un emprisonnement mental, une sorte d’enfermement fanatique.

Mesdames, Messieurs,

Dans un contexte d’année électorale dans notre turbulent petit pays, aborder sérieusement ces questions telles que je viens de les indiquer plus haut est un défi parmi les plus difficiles à relever tant les acteurs sociaux ne semblent pas avoir conscience de la gravité de la situation. Or, chaque minute perdue à aborder sérieusement ces questions nous enfonce davantage dans les abîmes de la déchéance et menace pour de bon notre capacité à revendiquer notre statut de peuple digne.

J’ai bien conscience que les urgences sont prégnantes et n’attendront pas. Elles doivent trouver des solutions satisfaisantes tout en permettant de garder le cap sur l’essentiel. Le Président de la République ainsi que le premier Ministre ont bien mis en tête de ces urgences la réalisation des élections. Ils ont bien fait ressortir aussi l’importance de continuer les projets déjà entamés. L’essentiel c’est de réussir à remobiliser l’ensemble des acteurs sociaux autour de projets porteurs d’avenir et de transformation véritable au bénéfice du plus grand nombre.

Mesdames, Messieurs,

La situation des finances publiques est bien connue :

- La contrainte budgétaire s’est resserrée ;

- Les ressources de PétroCaribe se raréfient;

- Le désastre financier de l’EDH est devenu insoutenable,

- La notation très défavorable du pays sur les marchés financiers internationaux lui interdit l’accès à des capitaux privés non concessionnels et le condamne à dépendre davantage de l’aide internationale alors que l’ensemble des pays donateurs rencontrent des difficultés internes majeures en matière d’équilibre des finances publiques.

Nous ne pouvons faire l’économie d’accélérer la réforme des finances publiques dans ce contexte, et la Commission de Réforme des finances publiques et de la Gouvernance économique devra fonctionner à plein rendement en vue de  renforcer l’efficacité et la transparence du système.

Les liaisons entre les indicateurs macro et de politiques économiques ne semblent pas toujours en cohérence (taux directeurs à la BRH, taux d’inflation, rythme de croissance de la masse monétaire, rythme de croissance de l’économie…). Parce que, trop souvent nous avons essayé de résoudre les problèmes en agissant sur leurs conséquences.  Nous devrons analyser en profondeur et revoir le cadre macroéconomique, veiller à l’articulation avec les politiques structurelles, sectorielles, etc.

Il devient crucial que l’ensemble des acteurs concernés par la gestion des finances publiques prenne la mesure de la fragilité de cette situation et s’engage à faire que chaque dollar dépensé ait un maximum d’impact social positif.

Pour ce faire, je m’engage à mobiliser l’ensemble des parties prenantes intéressées telles les autres ministères, les Banques, les associations patronales et groupements associatifs, urbains comme ruraux, les bailleurs, la société civile  pour convenir d 'une feuille de route des actions et politiques à mettre en œuvre en vue d’assurer les conditions d’une relance durable de l’économie.

En matière de mobilisation des ressources, l’accent sera porté sur la poursuite des réformes en vue d’améliorer l’efficience et la productivité des différents champs fiscaux. Ces réformes seront incitatives et favoriseront le développement des filières porteuses, riches en emplois tout en permettant de réduire graduellement la dépendance du pays. Avec le Ministère du Commerce et de l’Industrie et le Ministère de l’Agriculture, nous nous tenons prêt à mobiliser toute l’énergie nécessaire pour aider au renforcement du tissu des petites et moyennes entreprises déjà répertoriées sur l’ensemble du territoire en vue d’encourager la création d’emplois et d’élargir l’assiette fiscale. La politique tarifaire sera accommodée en conséquence.

En matière de réforme du climat des affaires surtout pour celles qui ne requièrent un vote du Parlement, elles seront accélérées. Un accent particulier sera mis sur la fluidité des procédures en matière fiscale, de l’enregistrement des transactions et de facilite en douanes.

De concert avec le Ministère des TPTC, une cohérence va être recherchée pour assurer le développement de chaînes logistiques susceptibles d’accompagner les initiatives privées locales.

Les initiatives précédentes permettant de desserrer certaines contraintes qui inhibent l’activité d’entreprendre dans le pays, devront faciliter un travail plus serein avec la Banque Centrale et le secteur financier en général  en vue de garantir un accès plus élargi au crédit a l’ensemble des acteurs économiques intéressés.

La démarche décrite précédemment nous permettra de collecter des matériaux en vue de préparer avec l’ensemble des acteurs concernés « un Pacte pour l’Emploi et la Croissance Economique » à soumettre au Premier Ministre dans un délai ne dépassant pas 30 jours.

Mesdames, Messieurs,

Une société du chacun pour soi où la précarité aggravée, le chômage massif et les clivages sociaux démolissent ce qui reste d’esprit public devient une proie sans défense. Les citoyens pour se remobiliser doivent sentir que l’Etat est là pour les écouter et les aider. La situation actuelle de l’économie montre bien que ce domaine de responsabilité de l’Etat a été abandonné, ignoré pendant trop longtemps. Des efforts sont entrepris depuis quelque temps pour essayer de donner une réponse satisfaisante. Ils doivent être élargis et renforcés. En toute priorité. En réalité, le moment est venu de décréter l’état d’urgence économique et faire tout qui dépend de nous pour ressusciter l’espoir dans l’avenir, dans le pays. Nous le devons à la jeunesse. Nous les devons à nos pères. Nous le devons à nous-mêmes.

C’est comme cela que je comprends ma mission. C’est à ce travail que je vais m’atteler. Je compte beaucoup sur la bonne collaboration de l’ensemble des cadres et du personnel du Ministère qui peuvent être perturbés par ces changements fréquents. Je les invite à garder la même attitude qu’ils ont eue et qui permettent à beaucoup de reconnaître que le MEF est le Ministère le plus solide et le plus stable de l’administration publique haïtienne.

Je compte aussi sur la bonne compréhension des partenaires internationaux de la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve ce pays et sur la nécessité de construire durablement et certaines fois même de sortir des sentiers battus. Je compte sur la volonté de mes collègues du gouvernement à travailler en bonne intelligence avec moi dans un contexte de ressources particulièrement limitées.

Je vous remercie.

Le Ministre
Michel Patrick Boisvert
Ministre de l'Economie et des Finances

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